Les métiers de la forêt
Gestionnaire forestier professionnel, technicien forestier : qui sont-ils, et que font-ils pour vous ?
Mis à jour le 26/10/2026 · Lecture : 5 min
Entre l'expert forestier et l'entrepreneur de travaux, deux métiers de terrain accompagnent les propriétaires : le gestionnaire forestier professionnel, qualification reconnue par le code forestier, et le technicien forestier, qu'on rencontre au CNPF, dans une coopérative, chez un expert ou à son compte. Cette page explique ce que recouvre chaque mot, et ce que vous pouvez attendre de l'un et de l'autre.
Dans cette page
- Le gestionnaire forestier professionnel : une qualification, pas un statut
- Quelles conditions pour être reconnu ?
- Ce qu'il peut faire, et la règle qu'il doit respecter
- Le technicien forestier : un métier, plusieurs employeurs
- À qui s'adresser, selon ce que vous cherchez
- Ce qu'il faut écrire dans le contrat
Le gestionnaire forestier professionnel : une qualification, pas un statut
Le gestionnaire forestier professionnel, ou GFP, a été créé par la loi de modernisation de l'agriculture du 13 juillet 2010, à l'article L. 315-1 du code forestier. Ce n'est pas une profession réglementée comme celle d'expert : c'est une attestation de compétence, délivrée à une personne physique qui assiste des propriétaires privés dans la gestion de leurs bois, conformément à un document de gestion durable.
La démarche se fait auprès du préfet de région, qui statue après avis du centre régional de la propriété forestière. Il faut justifier d'un niveau de compétence par ses diplômes et son expérience, et d'une assurance de responsabilité civile professionnelle. L'attestation est valable cinq ans, renouvelable, et vaut pour toute la France. Le préfet tient une liste régionale, consultable à la préfecture, à la direction régionale de l'agriculture et au CNPF ; plusieurs régions la publient en ligne.
Quelles conditions pour être reconnu ?
L'instruction ministérielle qui organise la reconnaissance fixe trois voies :
- un BTSA gestion forestière, ou une autre certification de gestion forestière de même niveau inscrite au répertoire national, plus trois ans de pratique professionnelle ;
- pour les ressortissants d'un autre État de l'Union européenne, un titre de niveau équivalent ou immédiatement inférieur, plus trois ans de pratique, avec éventuellement une épreuve d'aptitude ou un stage ;
- sans diplôme, sept ans de pratique correspondant au référentiel du BTSA.
La décision doit intervenir dans les deux mois suivant le dossier complet ; sans réponse, la demande est réputée refusée. Le GFP peut être indépendant, en cabinet, ou salarié d'une coopérative, d'un expert, d'une société de gestion ou d'une entreprise de la filière : les listes régionales mêlent des noms seuls et des noms suivis d'une raison sociale.
Ce qu'il peut faire, et la règle qu'il doit respecter
Un gestionnaire forestier professionnel fait, au quotidien, ce qu'un propriétaire ne sait ou ne peut pas faire seul : visiter les peuplements, proposer les coupes et les travaux, rédiger ou suivre le plan simple de gestion, marquer les arbres, préparer les lots, consulter des acheteurs, surveiller les chantiers, monter des dossiers d'aide. Le CNPF le cite parmi les rédacteurs possibles d'un plan simple de gestion, aux côtés de la coopérative et de l'expert.
Il est tenu par une règle d'indépendance plus limitée que celle de l'expert, mais réelle : le GFP et, le cas échéant, son employeur ne peuvent pas acheter, directement ou indirectement, les bois qu'ils gèrent ou vendent sous mandat. Les coopératives sont exclues de cette règle, parce que leur modèle repose justement sur l'achat des bois de leurs adhérents. En revanche, rien ne lui interdit de réaliser ou de faire réaliser des travaux. Lisez donc le contrat : qui vend, qui achète, qui fait les travaux, et comment chacun est payé.
Le technicien forestier : un métier, plusieurs employeurs
« Technicien forestier » n'est pas un titre protégé. C'est un métier, le plus souvent exercé avec un BTSA gestion forestière, que l'on retrouve chez quatre employeurs très différents.
- Au CNPF, le technicien est un agent de l'établissement public. Il conseille, forme et accompagne les propriétaires, instruit les documents de gestion et anime des actions de regroupement. Son conseil est gratuit ; il ne vend rien et ne fait pas de travaux.
- Dans une coopérative, il est le contact de terrain de l'adhérent : il visite, propose, chiffre, organise le chantier et la vente. Il travaille pour une entreprise qui achète les bois et réalise les travaux.
- Chez un expert forestier ou dans un cabinet de gestion, il fait l'inventaire, le marquage et le suivi des chantiers sous la responsabilité de l'expert.
- À l'ONF, le technicien forestier territorial, ancien garde forestier, gère les forêts publiques. Il n'intervient pas en forêt privée, sauf prestation particulière.
Un technicien indépendant qui s'installe demande en général la reconnaissance de gestionnaire forestier professionnel : c'est elle qui lui donne accès aux données cadastrales et qui rassure les propriétaires.
À qui s'adresser, selon ce que vous cherchez
Si vous voulez un avis sans engagement, commencez par le technicien de votre délégation régionale du CNPF. Il connaît les propriétaires du secteur, les aides en cours et les professionnels qui travaillent bien.
Si vous voulez quelqu'un qui s'occupe de votre forêt dans la durée, à une échelle de quelques dizaines d'hectares, un gestionnaire forestier professionnel indépendant est souvent le bon interlocuteur : plus proche et moins cher qu'un expert, plus libre qu'un technicien de coopérative. Pour une grande forêt, un groupement avec de nombreux associés, une succession ou une vente importante, l'expert forestier reste le conseil de référence.
Nous avons comparé les trois familles de professionnels sur une autre page : coopérative, expert ou gestionnaire.
Ce qu'il faut écrire dans le contrat
Un contrat avec un gestionnaire forestier professionnel doit dire ce qu'il fait, ce qu'il ne fait pas, et comment il est payé : forfait annuel, rémunération à l'hectare, pourcentage sur les ventes ou sur les travaux, ou mélange des trois. Il doit préciser qui signe les contrats de vente et les devis (vous, en principe), à quel rythme il rend compte, et comment on se sépare. Pour une surface inférieure à 20 hectares, un contrat d'au moins dix ans peut donner accès au règlement type de gestion.
Quel que soit le professionnel, ce qui reste à votre charge est le même : la décision, les comptes, les déclarations, et la mémoire de ce qui a été fait. Gestion Forêt tient cette mémoire : chaque intervention proposée par votre gestionnaire prend sa place dans le plan, avec ses surfaces et ses volumes, et chaque facture se rattache à la parcelle. Vous pouvez lui partager le dossier avec des droits limités à ce dont il a besoin.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un gestionnaire forestier professionnel ?
Une qualification créée par l'article L. 315-1 du code forestier. Elle est délivrée par le préfet de région, après avis du CNPF, à une personne qui justifie d'un BTSA gestion forestière et de trois ans de pratique, ou de sept ans de pratique sans diplôme, et d'une assurance professionnelle. L'attestation vaut cinq ans.
Un gestionnaire forestier professionnel peut-il acheter mes bois ?
Non. Lui et son employeur ne peuvent pas acheter, directement ou indirectement, les bois qu'ils gèrent ou vendent sous mandat. Les coopératives ne sont pas soumises à cette règle.
Où trouver la liste des gestionnaires forestiers professionnels ?
Chaque préfet de région tient une liste, consultable à la préfecture, à la direction régionale de l'agriculture et au CNPF. Plusieurs directions régionales la publient sur leur site.
Le technicien du CNPF peut-il gérer ma forêt ?
Non. Il conseille, forme et instruit les documents de gestion, gratuitement, mais ne prend pas de mandat de gestion, ne vend pas de bois et ne fait pas de travaux. Pour cela, il vous orientera vers un gestionnaire, un expert ou une coopérative.
À lire aussi
- L'expert forestier : rôle, formation, quand faire appel à lui, combien ça coûte
- Coopérative forestière, expert ou gestionnaire : qui fait quoi ?
- Le CNPF et les CRPF : ce que fait l'établissement public de la forêt privée
- Suivre son plan de gestion sans rien oublier
- CBPS et RTG : les alternatives au plan simple de gestion
Plus d'informations
- Démarche en ligne — gestionnaire forestier professionnelLes conditions et les pièces pour être reconnu gestionnaire forestier professionnel.
- Instruction ministérielle sur les gestionnaires forestiers professionnelsDiplômes, expérience, reconnaissance par le préfet de région, liste régionale : le texte de référence.
- Exemple de liste régionale des gestionnaires forestiers professionnelsLa liste tenue par une direction régionale de l'agriculture, pour voir à quoi elle ressemble.
- Congrès des notaires — la gestion par des professionnels indépendants et l'ONFExperts, gestionnaires professionnels et ONF en forêt privée : le cadre juridique, article par article.
- CNPF — les délégations régionalesLe centre régional qui instruit votre plan et répond à vos questions.
- La Forêt bougeLa plateforme en ligne des propriétaires forestiers : démarches, professionnels près de chez vous, bourse foncière.
Sources
- Démarche en ligne, gestionnaire forestier professionnel
- Instruction DGPAAT/SDFB/C2013-3004 relative aux gestionnaires forestiers professionnels
- DRAAF Pays de la Loire, liste des gestionnaires forestiers professionnels
- Congrès des notaires 2018, la gestion par des professionnels indépendants et l'ONF
- CNPF, les documents de gestion durable des forêts privées
Cette page informe ; elle ne remplace ni les textes en vigueur ni l'avis de votre expert forestier, de votre notaire ou de votre conseil fiscal.